Predigten
Predigt des Apostolischen Nuntius in Deutschland,
Erzbischof Dr. Jean-Claude Périsset,
bei der Hl. Messe für die Erdbebenopfer in Haiti
(St. Hedwigs-Kathedrale, 22. Januar 2010)
Einführung:
Exzellenzen und liebe Kollegen des Diplomatischen Corps,
liebe Mitbrüder im bischöflichen, priesterlichen und diakonischen Amt,
Brüder und Schwestern!
Wenn einem Familienmitglied ein Unglück wiederfährt, stehen ihm seine Brüder und Schwestern, Verwandte und Freunde mit Besuch und Hilfe bei. So ist es heute abend hier in Berlin mit der Familie der Nationen für das haitianische Volk, das durch das schreckliche Erdbeben vor anderthalb Wochen seine Hauptstadt Port-au Prince völlig vernichtet sieht.
Monsieur l’Ambassadeur de la République de Haiti et chers Haitiennes et Haitiens,
A juste titre vous avez proposé la célébration de l’Eucharistie à la mémoire des victimes du récent tremblement de terre qui endeuille votre pays, provoquant la mort de milliers de vos concitoyens et d’un million de sans abri. Nous sommes à vos côtés, dans la prière et le silence, pour implorer avec vous, pour les défunts et pour ceux qui souffrent de grandes privations, la Miséricorde de Celui qui a pris sur Lui nos misères pour alléger notre fardeau. Demandons-lui d’élargir notre coeurs à la dimension du sein.
Predigt:
Exzellenz, sehr geehrter Herr Botschafter der Republik Haiti
und liebe Mitarbeiter der Botschaft,
liebe Brüder und Schwestern!
„Der Tod wird nicht mehr sein,
keine Trauer, keine Klage, keine Mühsal“ (Off. 21,4)
So sagt das Buch der Offenbarung im Abschnitt unserer ersten Lesung.
„Wird“ steht geschrieben, aber heute, nach dem Erdbeben vom 12. Januar, gibt es nur Trauer, Klage und Mühsal in Haiti, wo Tausende den Tod gefunden haben, und eine Million ohne Wohnung bleiben. Ja! eine Apokalypse, wie man zu sagen pflegt, wenn uns eine Katastrophe jedesmal den Atem verschlägt, wegen der vielen Opfer und der Schäden. Die Apokalypse, die eben eine grandiose Darstellung der Menschengeschichte offenbart, ist aber ein Buch voll Hoffnung und Trost, weil in diesem Buch Gott uns wissen lässt, dass er auf unserer Seite steht und sogar in unserer Mitte wohnt (vgl. Apok 21,3).
Aber wo und wie? und wir wagen sogar zu sagen: Warum lässt Gott, der Schöpfer der Welt, solche Katastrophen zu? Konnte er, er, der Allmächtige, das nicht verhindern; oder: Warum hat er die Welt nicht ganz stabil gemacht? Das Böse bleibt sicher ein Geheimnis, und als er uns zu beten lehrt, lässt Jesus uns zum Vater beten: „erlöse uns von allem Bösen“. Dieses Geheimnis ist aber durch Christus selber beleuchtet und ist nicht bloß Finsternis. Gott selber ist zu uns gekommen, um sich selber mit unseren Leiden, mit unserem Kreuz zu belasten, damit wir entlastet werden und so unseren irdischen Weg erleichtert weiter gehen. Er sagt uns: „Kommt zu mir alle, die ihr mühselig und beladen seid: Ich will euch erquicken“ (Mt 11,28) und er nennt sich sanftmütig und demütig von Herzen (vgl. ibid.), sodass wir eingeladen sind, nach seinem Vorbild an unseren Mitmenschen zu handeln. Der Text des Evangeliums hat dasselbe betont: „wer bittet, der empfängt; wer sucht, der findet; und wer anklopft, dem wird geöffnet“ (Mt 7,8).
Deshalb soll diese Messfeier, in der wir Christus hören und ihn bitten, uns, als Opfer für unsere Sünden, dazu verhelfen, diese seine Liebe zu unseren bedürftigen Mitmenschen zu bringen. Mit Christus sind wir immer wieder dazu angehalten, Liebe auszuüben, weil das ganze Gesetz „an diesen beiden Geboten hängt“: „den Herrn deinen Gott lieben mit deinem ganzen Herzen“ und „deinen Nächsten lieben wie dich selbst“ (Mt 22,37-40).
Nicht umsonst ist unser heutiges Gebet gemacht; es ist nicht vergeblich, als ob Gott auf unsere Bitte Wunder in Haiti wirken sollte. Wir kennen ja den Spott über uns Christen, dass wir aus unserem Glauben mit den Augen zum Himmel gerichtet, diese unsere Welt vergessen und erst für die ewige Zukunft ein glückliches Leben erwarten. Ganz umgekehrt! eben weil das ständige Wunder unsere eigene Bekehrung ist, sodass wir, anstatt geizig großzügig; anstatt egoistisch hilfsbereit und anstatt in sich geschlossen offen zur Nächstenliebe werden. Und so können wir schon hier auf Erden ein Vor-Bild geben, wie es im Himmel sein wird, wo „der Tod nicht mehr sein wird, keine Trauer“, wie wir durch brüderliche Hilfe „alle Tränen unserer geschädigten Brüder und Schwestern abwischen“ (vgl. Off. 21,3-4).
Wäre unsere liebenswürdige Hilfsbereitschaft für die durch eine Katastrophe Betroffenen nicht eine Antwort auf das Böse? Ein Licht, das – mindestens auf unserer Seite – das Geheimnis des Bösen beleuchtet?
L’invitation que Jésus nous fait aujourd’hui de frapper avec persévérance, de chercher sans nous lasser et de supplier jusqu’à être exaucé (Mt 7,8) n’est pas un leurre, ni une consolation à bon marché, mais une invitation à ne pas nous laisser abattre par l’épreuve. De fait, sitôt connue l’ampleur du désastre qui a frappé votre pays, principalement sa capitale Port-au-Prince, le désastre même est un appel à l’aide humanitaire; les images qui depuis dix jours défilent sur nos écrans de télévision – insoutenables dans leur cruelle réalité – frappent à la porte de notre coeur, pour que nous partagions quelques uns de nos biens avec ceux qui ont tout perdu; la situation catastrophique créée par la destruction des services principaux et des communications sont comme un GPS guidant la communauté internationale, afin que les secours d’urgence arrivent au plus tôt, et que soient aussi offerts, plus tard, les moyens indispensables à la reconstruction des maisons et de tout ce que requiert la population pour vivre normalement. Il faudra sans doute vingt à trente ans pour effacer les traces mortelles du tremblement de terre; mais la solidarité internationale, aujourd’hui particulièrement vigoureuse par l’envoi de colonnes de secours pour apporter vivres et de quoi s’abriter, sera nécessaire encore longtemps, et nous risquons de nous lasser. Aussi le Peuple haitien devra-t’il faire entendre encore longtemps sa voix dans les forums internationaux, pour rappeler la solidarité promise. C’est là un fruit positif de la globalisation, à savoir qu’un évènement douloureux provoque la solidarité immédiate de toute la planète; et il faut souhaiter que la banalisation des évènements, la lenteur de mise en oeuvre des moyens fournis pour la reconstruction n’entraînent pas l’oubli de notre part des populations dans le besoin. Il y aura – car l’histoire récente nous le rappelle – il y aura hélas d’autres catastrophes, dans d’autres pays, avec d’autres causes et d’autres conséquences, qui pourront chasser nos préoccupations de ce jour. Alors certainement, le peuple haitien mettra en oeuvre la tactique proposée par le Christ – certes d’abord à chacun d’entre nous pour sa conduite personnelle – le peuple haitien demandera encore et encore d’être entendu et secouru, frappera sans se lasser aux portes des pays riches pour avoir part aussi à la prospérité du monde, cherchera encore et encore des amis qui lui apporteront réconfort et consolation.
Sans doute, la persévérance dans la solidarité n’est pas la qualité la plus répandue dans notre société actuelle. Et pourtant, en raison même de notre prise de conscience des besoins de ceux qui sont frappés par le malheur, grâce aux informations de toutes sortes qui nous tiennent éveillés sur la réalité du monde, nous pouvons voir l’avenir avec confiance. Notre démarche de prière, ce soir, ici au coeur de Berlin qui a connu aussi l’épreuve lorsqu’elle fut divisée au temps de la guerre froide, lorsqu’elle fut le théâtre de persécutions du peuple juif et de ceux qui payèrent de leur vie leur opposition au nazisme, notre démarche de prière s’appuie sur une expérience récente de solidarité vécue et salvatrice. Les berlinois savent combien important est le soutien venu de personnes généreuses, qui manifestent leur solidarité en prenant temps et argent pour leur permettre de vivre, et d’abord de survivre, lorsqu’il fut nécessaire de créer d’urgence un pont aérien pour nourrir la partie ouest de la ville. La même globalisation du monde nous rappelle chaque jour d’autres catastrophes en cours: guerres, actes terroristes, prises d’otages, églises détruites, et j’en passe, à croire que le livre de l’Apocalypse serait constamment ouvert sous nos yeux, ou plutôt sur nos écrans de télévision, d’ordinateurs ou de I-pods.
En tout cela, il faut nous rappeler que l’Apocalypse est d’abord un livre de réconfort, qui dit précisément la présence de Dieu lui-même auprès de ceux qui sont dans l’épreuve, afin que nous ne perdions pas courage, et que nous sachions réagir avec courage pour ne pas nous laisser écraser.
Les promesses de la victoire finale du bien sur le mal, sur tout mal, qu’il soit moral, physique, naturel comme le tremblement de terre, ou provoqué par la cruauté des hommes, nous offrent un soutien constant pour nous engager aujourd’hui à rendre ce monde meilleur, toujours plus solidaire et fraternel. Oui! Dieu nous dit qu’il “fait toutes choses nouvelles” (Apc 21, 5); cela certes, au terme de l’histoire du monde; mais déjà aujourd’hui, en renouvelant en nous sa présence d’Amour, d’amour pour Lui, source de tous biens; d’amour pour le prochain dont nous partageons les peines.
Amen!






